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Accueil  Galerie  2007  Le lundi 15 janvier 2007


 

Alfred, Olivier Ka & Henri Meunier
Exposition "Pourquoi j’ai tué Pierre"
du 2 février au 3 mars 2007


par Florence BEAUGIER,    

 

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Exposition "Pourquoi j’ai tué Pierre"


 

Vernissage et dédicace le jeudi 1 février 2007 à partir de 19h en présence des auteurs.

Communiqué de presse

Alfred et Olivier Ka sont amis, ils vivent à Bordeaux dans le même immeuble. C’est autour d’un verre, à la terrasse d’un café, qu’Olivier livre à Alfred l’épisode traumatisant de son enfance. Olivier est un petit garçon sans histoire. Elevé dans une ambiance baba-cool au sein d’un milieu libertaire et permissif, c’est un enfant éveillé et peu farouche qui a l’habitude de la nudité des adultes. A 12 ans, il part en colonie de vacances. Là, Pierre, un curé avec lequel lui et ses parents se sont liés d’amitié, lui demande de toucher son corps. Olivier ne sera ni violé ni abusé, mais cet événement comme cette phrase de Pierre : « Ca sera notre secret. Tu veux bien ? » marqueront son existence. Alfred qui écoute longuement le récit d’Olivier, lui propose de réaliser une Bande Dessinée autobiographique. Olivier accepte. Entre temps, ils collaborent sur Les Aventures de Monsieur Rouge. Ainsi, c’est seulement deux ans après leur première discussion qu’Olivier Ka termine le scénario de « Pourquoi j’ai tué Pierre ».

Afin d’illustrer le récit au plus juste, Alfred décide de dessiner dans l’instant, les planches viendront les unes après les autres sans préparation particulière, sans répétition, son parti pris fondamental : raconter, illustrer simplement avec minutie et pudeur, la vie de son ami.

« Pourquoi j’ai tué Pierre » parait en septembre dernier dans la collection Mirage des éditions Delcourt, c’est un récit autobiographique, un roman graphique grave et sensible. Une harmonie rare, un petit chef-d’oeuvre. Touchant au sujet sensible de la pédophilie, ce beau volume ne sombre ni dans le pathos ni dans la radicalité, préférant au contraire la pudeur et la complexité dans la narration d’une telle expérience. Sans rien montrer et selon la chronologie existentielle du garçonnet, les auteurs parviennent à rendre compte d’une douleur vive et insidieuse.
La scène de l’acte délictueux se déroule dans la noirceur et le hors champ, tout comme les malaises et les cauchemars ultérieurs d’Olivier. C’est pour écrire le mot fin de ce récit qu’Alfred et Olivier se rendent, munis d’une caméra et d’un appareil photo, sur les lieux de la colonie de vacances, et, de leur rencontre inattendue avec Pierre, on avait dit à Olivier qu’il était mort, émerge du récit cette volonté implacable de replacer l’individu face à ses actes, cela sans exalter une seule seconde l’idée d’une vengeance. Alors, les mains de Pierre qui tournent les pages du livre que lui a tendue Olivier se crispent et tremblent. Ces planches finales s’attardent presque exclusivement sur les environnements...
Henri Meunier réalise une mise en couleurs étourdissante de simplicité et d’audace, qui se marie magistralement à l’image et au récit pour transcrire les changements d’époque, les rires, les rêves, les tempêtes intérieures, la candeur, la rage.

L’ensemble est le fruit d’une complicité, d’une osmose évidente entre les auteurs, et constitue une vibrante tentative de s’affranchir de la douleur et de toucher au plus juste le traumatisme d’une vie.

Le 14 janvier dernier, « Pourquoi j’ai tué Pierre » recevait le prix du Public du festival international de la Bande Dessinée d’Angoulême 2007. Samedi 27 janvier, le jury attribuait à l’album un des prix Essentiels du festival.

Pour La Mauvaise Réputation, Alfred et Olivier Ka acceptent de monter une exposition exceptionnelle qui montre les différentes étapes de la réalisation du livre. Sont ainsi visibles, les planches originales en noir et blanc réalisées par Alfred, des extraits du scénario original d’Olivier Ka, les propositions de mise en couleurs d’ Henri Meunier, mais également des photographies ainsi que le film tourné lors de leur retour à la colonie de vacances.

Une exposition à la fois didactique, passionnante, émouvante et qui montre comment l’implication inventive des formes trouvées par Alfred parsème le récit de véritables trouvailles de mise en scène. Une inventivité qui ne tombe jamais dans la gratuité et se met véritablement au service du récit.

« Pourquoi j’ai tué Pierre », Vernissage et dédicace le jeudi 1 février 2007 à partir de 19h en présence des auteurs.



Quelques éléments biographiques

Alfred & Olivier Ka - 15.2 ko
Alfred & Olivier Ka
Photo Fabien Cottereau


Le scénariste : Olivier Ka est né en 1967 au Liban. Il grandit dans la région parisienne, quitte l’école à 16 ans, s’exerce à une multitude de métiers et trouve sa voix à 20 ans, lorsqu’il se lance dans l’écriture. Il commence comme journaliste, avant d’écrire des romans. Il rédige ensuite de nombreux récits pour les enfants, principalement fantastiques et humoristiques. C’est en 2000 que les éditions Grasset-Jeunesse ont publié Le Manteau du père Noël, sa première histoire pour enfants. En 2003, il a publié avec Alfred, Monsieur Rouge, aux Editions Petit à Petit. Aujourd’hui, le duo d’auteurs, à nouveau réuni, crée Pourquoi j’ai tué Pierre, un album d’inspiration autobiographique tout à fait poignant dans la collection Mirages des Editions Delcourt.

Le dessinateur : Alfred est né à Grenoble en mai 1976. Il décide avec quelques amis de monter sa propre maison d’édition Ciel Ether. Il y publie quelques ouvrages et entame une fructueuse collaboration avec Corbeyran, pleine de dessins et de belles histoires. Les petites graines qu’il a plantées sur son chemin se mettent à éclore tout doucement (La Digue, Abraxas...), et il prend du plaisir à fourrer son nez et ses crayons un peu partout (Treize Etrange, Petit à petit, Le Cycliste...).

Mise en couleurs : Henri Meunier est né le 23 février 1972 à l’hôpital Foch, Suresnes, Haut de seine. Etonnant, si l’on songe que cet hôpital était aussi le plus proche du domicile de ses parents. Toute aussi étonnante, la liste des coïncidences heureuses qui jalonnent son existence. À l’âge idoine, il s’est trouvé où il se devait d’être, école, collège, faculté d’arts plastique, pizzeria « el chianti » le 19 juillet 1996, rue des bahutiers à Bordeaux le 25, dans l’école où des enfants l’attendaient pas plus tard qu’hier. Aujourd’hui, il exerce régulièrement son métier d’Auteur Illustrateur de livres pour les enfants et pas un autre. Le plus souvent, il a faim au moment exact où il achève de préparer le repas et sommeil quand l’heure vient de dormir. Le matin, ses pas le conduisent immanquablement dans l’atelier où se trouvent ses amis et sa planche à dessin. En somme, une bonne fortune incroyable et une vie peu banale.


>>>Voir quelques planches

 


Florence BEAUGIER

 




 

 

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