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13.03 - 26.04.2020
LÉA LE BRICOMTE
COSMOGRAM

Vernissage jeudi 12 mars à 18h


par Florence BEAUGIER,    

 

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Léa Le Bricomte est née en 1987 à Montbard, diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2012, elle vit et travaille à Paris.
Les œuvres de Léa Le Bricomte opèrent à la croisée de territoires fondamentalement contradictoires. L’opposition guerre-paix y trouve une place majeure en traversant un ensemble d’œuvres où les objets liés au monde guerrier se trouvent affublés d’une autre fonction et par conséquent d’une nouvelle signification. Les munitions aux calibres multiples, les obus de mortier, les fusées éclairantes ou encore les grenades à fusil qui, initialement, avaient une fonction offensive et/ou défensive sont recontextualisés dans un champ ludique, méditatif et altruiste.
Le processus de détournement génère une conversion de la mort à la vie.
Cosmogram, est le titre de cette 1ère exposition qu’elle a imaginé pour la galerie LMR. Un cosmogramme est une figure géométrique plate représentant une cosmologie créé à des fins méditatives. Les mandalas sont les cosmogrammes les plus connus. Pour cette exposition, Léa Le Bricomte propose plusieurs corpus d’œuvres. Au centre, celle qui donne son titre à l’exposition, un mandala réalisé pour l’occasion à partir de douilles récupérées dans des stands de tirs, chinées et achetées à des collectionneurs. Le mandala est récurrent dans le langage plastique de l’artiste. Elle puise ses influences dans le monde bouddhiste et tibétain dont elle s’approprie les pratiques spirituelles pour créer des mandalas de sable, de graines comestibles pour oiseaux ou comme ici, un mandala de douilles. Ce dernier devient un support de méditation en trois dimensions et son dessin géométrique affirmé déplace le spectateur au cœur d’une cosmologie exactement contradictoire. Ce sentiment ambivalent et absurde, on le ressentira aussi en découvrant la série de sculptures Spirit House, d’utopiques palais tibétains, de curieuses ziggurats mésopotamiennes ou temples aztèques, fabriquées elles-aussi avec des balles de différents calibres. Á découvrir également Dripping Medals, un alignement irrégulier de médailles de guerres, suspendues par des rubans aux couleurs pop.


Mandala, sculpture 2013, cartouches d’armes à feu.


«  Le théâtre de la guerre comporte des zones de danger. Des zones stratégiques, qu’elles soient offensives ou défensives. Des zones de surveillance, de repli, d’attente. Le décor de ce théâtre sanglant, passé et actuel, articule des figurants, des armes, des objets, des accessoires signifiant le combat et la hiérarchie. Léa Le Bricomte s’emploie depuis plusieurs années à décrypter les codes de ce théâtre en s’appropriant tous les éléments : concrets et symboliques. L’artiste détourne les objets de guerres issus de différentes civilisations et hybride deux dimensions antithétiques : la guerre et la spiritualité.
L’artiste mixe deux éléments guerriers : industriels et chamaniques. Plus loin, elle déploie un Mandala doré formé de centaines de cartouches d’armes à feu. L’œuvre, résultat d’un rituel emprunté à l’hindouisme, combine la guerre et la paix. De même, elle reformule la Stupa (architecture sacrée bouddhiste) au moyen d’un missile et d’un socle en bois. Les associations de formes et de références engendrent un pouvoir symbolique où la violence s’éclipse au profit d’une ouverture mystique, méditative et altruiste. Léa Le Bricomte foule une zone épineuse, celle des idéologies. Par l’appropriation des résidus d’idéologies guerrières et fascistes, elle formule un discours profondément humaniste et pacifiste. Ainsi, un timbre hitlérien est recouvert de mantras écrits à la main. La répétition convoque le dépassement.
Les objets de violence et de pouvoir sont alors détournés, réincarnés et ré-habités par de nouveaux pouvoirs. Tel un Ying-Yang, la nature humaine est envisagée comme une entité double et complémentaire, dotée d’une face lumineuse et d’une face obscure. En s’emparant des objets et du lexique guerrier, Léa Le Bricomte en retourne la face sombre et belliqueuse. Sans jamais l’éviter ou la nier, elle la travaille comme une matière pour en dégager une nouvelle substance : humaniste, apaisée, harmonieuse et réjouissante.
 »

Julie Crenn.
(extrait du texte pour l’exposition No Go Zones, galerie Lara Vincy 2016)


Cette exposition imaginée et conçue par l’association En FACE a reçu le soutien du Fonds d’aide à la création de la ville de Bordeaux.


lealebricomte.tumblr.com


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  COMMUNIQUÉ PRESSE COSMOGRAM
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Florence BEAUGIER

 




 

 

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