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EXPOSITION DU 29.10.2016 AU 17.12.2016

MANUEL OCAMPO
ABORTION OF CUTE


VERNISSAGE VENDREDI 28 OCTOBRE

Le vendredi 21 octobre 2016



Manuel Ocampo est né à Quenzon City, aux Philippines. Il vit et travaille entre les États-Unis, les Philippines, et Sète dans le sud de la France. Diplômé de l’Université des Philippines, Manuel Ocampo s’installe à Los Angeles où il étudie à la California State University de Bakersfield, il en sortira diplômé en 1985. L’artiste résidera près de dix ans en Californie, où il présentera son premier solo show en 1988. Celui-ci lui ouvre la voie à une solide carrière internationale.

Ce sont également les deux rendez-vous majeurs de la scène contemporaine européenne qui contribuent à établir sa notoriété : la Documenta IX de Kassel en 1992 et la Biennale de Venise en 1993. En France Manuel Ocampo est représenté par la galerie Nathalie Obadia. Fait rarissime dans la carrière d’un artiste, il investira le pavillon des Philippines une deuxième fois lors de la prochaine édition de la Biennale d’art contemporain de Venise qui débutera en mai 2017.




L’œuvre de Manuel Ocampo est très vite entrée dans de prestigieuses collections privées et publiques : La collection du Museum of Contemporary Art de Los Angeles, celle du Whitney Museum of American Art de New York, mais aussi au Museo Nacional de Arte Reina Sofia à Madrid, au Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean (MUDAM) au Luxembourg, l’IVAM à Valence, au Fukuoka Asian Art Museum au Japon, au Fond National d’Art Contemporain à Paris, au FRAC Languedoc-Roussillon, au FRAC Ile de France, au Museu Colecçao Berardo à Lisbonne, etc...

Les peintures de Manuel Ocampo ne peuvent pas laisser le spectateur indifférent, voire indemne. Il y peint et dépeint les progrès de la civilisation avec application, lucidité et ironie. Le résultat est cruel, implacable. Il présente et représente un terrible chaos quelque peu schizophrène qui illustre parfaitement un état psychique collectif, voire universel, difficile à regarder en face sans frémir.

Violent, vulgaire, primaire, naïf, iconoclaste ? Non, tout au contraire, son univers est cultivé, nourri, riche de sens et de références. Brillant, il utilise impeccablement les signes de la religion judéo-chrétienne, l’imagerie vernaculaire, la culture underground de Manille, les pulps , la bande dessinée et l’univers des cartoons, la science-fiction, l’art naïf et la violence des ex-voto mexicains, l’apologie du burlesque, l’esthétique des films gore, la culture du Heavy Métal, la satire de l’histoire et de la morale assortie d’un certain cynisme politique, le néo-dadaïsme, le surréalisme de Picabia, mais aussi et surtout l’idéal populaire de la figure de l’artiste insoumis. Toutes ces références illustrent avec virulence l’énergie vitale de l’artiste philippin.




Ses mises en scène, ses compositions sont souvent de très grands formats, parfois des wall paintings et peuvent apparaître difficiles à décrypter au premier regard, tant les possibilités d’interprétations sont à chaque fois variées et ouvrent un large champ sémantique et formel qui ne peut pas guider l’observateur vers une explication unique. Il ingurgite, digère et régurgite toutes ces références, l’artiste est prolifique et généreux. C’est un choc. Sa palette est sombre comme celle de Goya, elle est ancrée dans une gestualité radicale inspirée de la peinture expressive de Francis Bacon ou de la brutalité sculpturale de Paul McCarthy.

Les tableaux de Manuel Ocampo sont des provocations, qui ébranlent à la fois le spectateur mais aussi la peinture elle-même, et ce tant du point de vue de la forme que du contenu. Il questionne nos valeurs idéologiques, politiques, philosophiques, historiques, religieuses, humanistes, économiques, mais aussi nos angoisses, nos peurs, nos superstitions, nos subversions, nos impressions, nos expressions, nos sentiments. Son œuvre est une incroyable rencontre visuelle, presque une émotion physique impossible à oublier.

Pour son exposition à la galerie La Mauvaise Réputation Manuel Ocampo présente une sélection de peintures et collages inédits. A cette occasion, une sérigraphie sur toile réhaussée par l’artiste sera éditée.


Florence BEAUGIER