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Vient de paraître
RIMALDAS VIKSRAITIS
GRIMACES OF THE WEARY VILLAGE


   

 

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«  Rimaldas Viksraitis travaille dans et autour de son village, photographiant un mode de vie qui tend à disparaître. Un univers où tous les dysfonctionnements, alimentés par une consommation importante d’alcool fait à la maison, deviennent, du fait de l’euphorie générale, des qualités. Il se rend aux fêtes, boit et discute avec ses sujets. Leurs vies ne sont pas encombrées des gadgets de la vie moderne, qui bien souvent éradiquent toute communication significative au sein de la famille. On voit qu’il prend grand plaisir et qu’il est à l’aise avec ses sujets. De plus, les modèles de Viksraitis n’ont pas peur de se dénuder. J’imagine que c’est grâce à l’alcool maison et au climat plutôt chaud, à moins qu’ils ne couchent tous ensemble aussi ? Au beau milieu de tout cela, de nombreux animaux partagent leur vie quotidienne. Ils apparaissent à tout bout de champ, de manière irréelle, visiblement intégrés à l’environnement. Ils partagent tout naturellement l’intimité de la famille. Les images qui en résultent sont à la fois légèrement folles et délicieusement surréalistes. Elles sont également séduisantes : si je parlais le lituanien, j’adorerais me joindre à la fête. Mais grâce à Rimaldas Viksraitis, nous sommes au premier rang pour assister à l’émotion, à l’enivrement et à la folie qui s’ensuit. »

Martin Parr, novembre 2008


«  En roulant dans la campagne, on peut voir le long des grand-routes ou dans les champs des fermes comme couronnés de nids de cigognes hissés aux cimes d’arbres hauts comme des tours. Encore récemment, des villageois se rassemblaient, bien avant l’aube, avec des seaux, à une de ces fermes pour vendre leur lait aux exploitants. Parmi eux on retrouvait des vieux, qui parvenaient, avec les quelques centimes gagnés, à nourrir leurs enfants et leurs petits-enfants qui vivaient en ville de manière précaire. Aujourd’hui, à l’heure de l’Union Européenne, ces rassemblements matinaux se font rares. Ils ont été éradiqués par les nouvelles lois concernant l’exploitation laitière. Derrière le portail de ces fermes, on trouve le plus souvent des invalides, qu’on appelle de plus en plus des handicapés. C’est un spectacle poignant que de les regarder couper du bois, d’observer une vieille dame silencieuse pousser une brouette contenant les maigres récoltes de son jardin, qui observe les jeunes, curieux et vifs comme des lézards, qui remplissent le village de tumulte et de bruit. Voilà les personnages de mes photographies. Ils portent leur croix sans s’apitoyer sur leur sort. Leur vie, en somme, ressemble à leur ferme. »

Rimaldas Viksraitis



Rimaldas Viksraitis
Grimaces of the Weary Village
Photographs 1976 - 2006
Broché : 80 pages
Thames and Hudson
42.00 euros




Comment votre travail est-il vu en Lituanie ?
Beaucoup de personnes ne souhaitent pas voir ce côté de la vie en Lituanie. Ils ferment leurs yeux. Je raconte une histoire très religieuse et politique. J’habite à 500 mètres de la frontière Russe. La vie est très différente de la vie à la capitale. Vilnius est une ville qui a de très beaux bâtiments, bonne restauration. J’habite dans un village complètement différent et le problème est que ce n’était pas comme ça avant la guerre, avant que le système soviétique vienne en Lituanie. La plupart des gens étaient propriétaires de leurs fermes alors qu’après ils les ont perdus et ont travaillé dans des fermes collectives. À la destruction des fermes collectives et la conquête de l’indépendance on avait du mal à s’occuper de sa propre propriété. On ne savait pas comment élever des vaches, des porcs etc. et on a commencé à s’échapper dans l’alcool. Ce que vous voyez dans mes photos est que les gens boivent beaucoup. Dans mon pays je ne suis pas arrivé à obtenir de bourse ou des subventions parce que la politique ne veut pas montrer ce côté de la vie en Lituanie.


Qu’est-ce que vous souhaitez nous dire par ce travail ?
Je veux montrer la vraie vie qui est autour de moi sans aucun masque. Il y a des personnes qui n’ont pas de vêtements. Quand ils enlèvent leurs vêtements ils deviennent plus vrais. J’enlève tous les masques.


Vous leur demandez de se déshabiller ? Cela dépend des situations. Je photographie dans la ville où je vis depuis 50 ans et on me connaît. Parfois je leur demande d’enlever leurs vêtements parfois non.


Comment vous avez commencé à photographier ?
Je ne pouvais pas faire du sport et j’avais besoin de quelque chose pour m’exprimer. Je suis très indépendant. Je fais ce que j’ai envie de faire. Quand j’étais jeune la photographie était pour moi un moyen de gagner de l’argent. Il y a trois choses dans ma vie : ma femme, ma bicyclette et la photo. J’aime faire de la bicyclette, j’aime ma femme et j’aime faire la photo. Ce n’est pas facile pour moi de rester à un endroit aussi longtemps. Mon vélo me manque. J’aime beaucoup Arles, j’ai fait beaucoup de photos. Je suis heureux. Ce que je veux est vivre, seulement vivre comme les autres.


Réalisez-vous que vos photos sont spéciales ?
Je ne me sens pas très spécial mais un simple photographe. Je suis heureux d’être ici, d’avoir réussi de quitter mon petit village en Lituanie et de venir dans le centre photographique d’Europe. Je raconte l’histoire des lituaniens de mon village qui veulent vivre une meilleure vie mais ne savent pas comment le faire, comment réagir par rapport à la réalité. Ils n’ont pas d’argent ni d’aide pour ce changement. Je veux dire la vérité pour les aider. Si on essaie de cacher les choses elles ne changeront jamais.

Propos recueillis par Didier de Faÿs et Radina Hristova













 

 




 

 

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